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Le Prix Repère Gaz, la référence publiée par la CRE

Depuis la suppression du tarif réglementé du gaz le 1ᵉʳ juillet 2023, c'est le Prix Repère Gaz de la CRE qui sert de référence pour comparer les offres entre elles. Il est publié chaque mois et reflète le coût complet du kWh pour un ménage : approvisionnement, acheminement par GRDF, taxes et marge commerciale du fournisseur. Le Prix Repère n'est pas une offre que l'on peut souscrire : c'est un indicateur public qui sert de boussole.

La grille mensuelle distingue deux usages principaux. Pour la cuisson seule (jusqu'à 1 000 kWh/an), le prix du kWh est plus élevé mais l'abonnement très bas. Pour le chauffage au gaz (à partir de 6 001 kWh/an), le kWh baisse mais l'abonnement annuel grimpe. Cette logique reflète la part fixe et la part variable de la facture : plus on consomme, plus la part énergie pèse — donc plus une remise sur le kWh fait économiser. Le détail des classes de consommation est sur la page cuisson, eau chaude et chauffage.

Pourquoi le Prix Repère et non plus le tarif réglementé ?

Le Tarif Réglementé de Vente du Gaz (TRVG) a disparu le 1ᵉʳ juillet 2023 pour les particuliers, conformément à une décision européenne. Depuis, la CRE publie chaque mois un prix de référence indicatif — le Prix Repère Gaz — qui sert de base de comparaison aux offres de marché. Les anciens clients TRVG d'Engie ont été basculés vers l'offre Passerelle, sauf ceux qui avaient déjà changé de fournisseur.

La pente du Prix Repère sur 12 mois reste un indicateur fiable pour juger du contexte de souscription : en phase de baisse continue, les offres indexées suivent le mouvement ; en phase de hausse, les offres à prix fixe verrouillent un tarif avantageux. La page dédiée à l'évolution du prix du gaz retrace mois par mois les valeurs publiées par la CRE.

Comment évolue le prix du gaz en 2026 ?

Le prix du gaz résidentiel fluctue chaque mois, à la hausse comme à la baisse. Trois grandes forces le tirent dans un sens ou dans l'autre : le coût d'approvisionnement sur les marchés européens (lié aux tensions géopolitiques et au remplissage des stockages), la part transport et distribution régulée par la CRE (révisée chaque 1ᵉʳ avril), et les taxes — TVA à 20 %, accise sur le gaz naturel, contribution tarifaire d'acheminement. Une révision de l'accise dans la loi de finances pèse mécaniquement sur la facture, indépendamment de l'offre choisie.

L'actualité dominante en mai 2026 est la hausse de +15,4 % TTC du Prix Repère Gaz au 1ᵉʳ mai 2026, annoncée mi-avril par la CRE. Le Prix Repère passe de 139,12 €/MWh à 160,54 €/MWh. Cette hausse touche directement les 7,5 millions de foyers dont le contrat est indexé sur cet indicateur — soit environ trois quarts des abonnés résidentiels au gaz. La cause est exogène : les tensions au Moyen-Orient et le blocage du détroit d'Ormuz par l'Iran perturbent l'acheminement du GNL en provenance du Qatar, premier fournisseur européen de GNL.

  1. Juillet 2007
    Ouverture à la concurrence

    Fin du monopole GDF pour les particuliers : les premières offres de marché apparaissent et coexistent avec le tarif réglementé.

  2. Février 2022
    Crise énergétique européenne

    L'invasion de l'Ukraine fait s'envoler les cours du gaz. Le marché de gros TTF atteint 340 €/MWh en août 2022, contre 20 €/MWh avant la crise.

  3. Juillet 2023
    Fin du tarif réglementé

    Le TRVG disparaît pour les particuliers. La CRE publie chaque mois le Prix Repère Gaz comme indicateur de référence pour le marché.

  4. Mai 2026
    Hausse de +15,4 % TTC sur fond de crise iranienne

    La CRE relève le Prix Repère Gaz de 139,12 à 160,54 €/MWh au 1ᵉʳ mai 2026. Le blocage du détroit d'Ormuz perturbe l'approvisionnement européen en GNL qatari et tire les cours du marché de gros à la hausse.

L'historique mensuel publié par la CRE permet de remettre cette hausse en perspective : en avril 2026, le kWh chauffage TTC s'établissait à 0,10415 € ; en mai 2026, il monte à 0,12558 €. C'est un saut comparable aux mouvements de la crise 2022 — significatif mais qui intervient en sortie d'hiver, donc avec un impact contenu sur la facture moyenne (de l'ordre de +6 €/mois selon la CRE pour un consommateur moyen).

Dans ce contexte, deux leviers se distinguent. Souscrire une offre à prix fixe verrouille le kWh hors taxes pour 1 à 4 ans et protège totalement contre une nouvelle hausse du marché. Choisir une offre indexée avec une remise stable en pourcentage sur le Prix Repère permet de réduire l'impact sans renoncer au bénéfice d'une éventuelle baisse à venir.

Les offres de gaz sous le Prix Repère

Les fournisseurs alternatifs construisent leurs grilles à partir du Prix Repère, en y appliquant soit une remise indexée (typiquement de l'ordre de 5 à 12 % sur le kWh hors taxes), soit un blocage du kWh sur 1 à 4 ans (offre prix fixe). Le classement ci-dessous est généré en temps réel à partir du moteur de comparaison Selectra : cinq offres triées par budget annuel TTC croissant pour un foyer chauffé au gaz à Paris 11ᵉ (14 000 kWh/an, zone tarifaire 1).

Chauffage gaz complet · 14 000 kWh/an · Paris 11ᵉ

Le classement bouge chaque fois qu'un fournisseur révise sa grille — le tableau est rafraîchi à chaque consultation, sans cache éditorial figé. Les économies affichées dépendent de votre commune et de votre profil de consommation, deux paramètres que vous pouvez personnaliser dans le bloc qui suit pour obtenir un classement adapté à votre adresse. Le comparateur de gaz reprend exactement la même logique avec un formulaire complet (adresse, équipements, options).

Pour les petits consommateurs (cuisson seule, autour de 1 000 kWh/an), le classement bascule : les offres dont l'abonnement est plus bas remontent, celles dont le kWh est très compétitif redescendent. Choisir le bon profil avant de comparer évite de signer une grille mal adaptée à un usage occasionnel.

Prix fixe ou prix indexé : quelle formule choisir ?

Le marché résidentiel propose deux familles de contrats. Le prix fixe bloque le kWh hors taxes pour 1 à 4 ans : la facture est protégée d'une hausse durable, mais ne profite pas d'une éventuelle baisse. Le prix indexé, lui, suit chaque mois le Prix Repère Gaz publié par la CRE, généralement avec une remise en pourcentage. Il bénéficie des baisses du marché mais subit aussi les hausses. Les deux formules ne s'adressent pas au même profil et c'est la conjoncture qui tranche en pratique.

— Quand choisir le prix fixe
  • Vous anticipez une hausse durable du marché de gros (tensions sur l'approvisionnement, hiver tendu) ;
  • Votre foyer est chauffé au gaz et la facture annuelle dépasse 1 200 € — l'enjeu absolu d'une variation est élevé ;
  • Vous voulez sécuriser votre budget énergie sur 24 ou 36 mois sans devoir resurveiller le marché ;
  • Le tarif fixe proposé passe sous le Prix Repère du mois en cours avec une marge raisonnable.
— Quand choisir le prix indexé
  • Le marché est en phase de baisse continue depuis plusieurs mois ;
  • Vous êtes petit consommateur (cuisson seule) — l'effet absolu d'une variation reste marginal ;
  • Vous voulez profiter mois par mois de toute baisse du Prix Repère sans attendre la fin d'un blocage ;
  • Vous préférez éviter d'arbitrer sur la durée d'un éventuel engagement de prix.

Aucune des deux formules n'est intrinsèquement plus intéressante — c'est le moment de souscription qui fait basculer l'équation. Pour un panorama complet de chaque famille de contrats avec son classement live, consultez les pages dédiées.

Si vous tablez plutôt sur une baisse du marché ou que vous voulez suivre la conjoncture mois après mois, l'offre indexée reste lisible et sans surprise tarifaire structurelle.

Combien coûte le gaz vert et le biogaz ?

Une offre de gaz vert couple le contrat de fourniture à des Garanties d'Origine (GO) qui tracent une production de biométhane équivalente à votre consommation, injectée dans le réseau GRDF par des unités de méthanisation françaises ou européennes. Une fois le biométhane mélangé au gaz fossile dans le réseau, les molécules sont indissociables : c'est la traçabilité administrative qui donne sa valeur écologique au contrat. Certaines offres montent à 100 % de Garanties d'Origine, d'autres se contentent d'une fraction (10 % ou 15 %) plus accessible côté tarif. Pour aller plus loin sur les offres d'énergie verte, voir aussi le dossier sur le biogaz.

Le classement ci-dessous reprend trois offres de gaz vert pour un foyer chauffé au gaz à Paris 11ᵉ (14 000 kWh/an), triées par budget annuel TTC croissant.

02
Engie
Offre Passerelle
  • Indexé Prix Repère
  • Biogaz partiel
Selectra Score B
1 901 €/an TTC · 0,1108 €/kWh
Économies de 201 €
Non disponible à la souscription Voir le détail →
Logement chauffé au gaz · 14 000 kWh/an · Paris 11ᵉ (zone 1)

Une offre de gaz vert peut coûter légèrement plus cher qu'une offre standard à conditions équivalentes — quelques pourcents de surcoût en général — parce que les Garanties d'Origine ont un coût d'achat dédié, et parce que la production de biométhane reste plus chère que l'extraction de gaz fossile. L'écart se réduit néanmoins chaque année, à mesure que le parc d'unités de méthanisation se développe en France.

Gaz vert, biogaz, biométhane : quelle différence ?

Les trois termes désignent la même réalité : du méthane produit à partir de matières organiques (résidus agricoles, boues de station d'épuration, biodéchets ménagers), purifié puis injecté dans le réseau public. La différence est terminologique : « biogaz » désigne le mélange brut sortant du méthaniseur, « biométhane » est sa version purifiée et injectée, « gaz vert » est le terme commercial utilisé par les fournisseurs.

Comment le prix du gaz est-il fixé ?

Les fournisseurs construisent eux-mêmes leur grille tarifaire, à partir de quatre grandes composantes dont chacune obéit à sa propre logique. Comprendre ce mille-feuille évite de croire qu'un fournisseur est seul responsable de la facture finale : une part importante du prix est en réalité régulée ou fiscale, identique chez tous les acteurs du marché.

  1. Les coûts d'approvisionnement (≈ 40 %)

    Prix du gaz acheté sur les marchés européens (PEG en France, TTF aux Pays-Bas) ou via des contrats d'approvisionnement long terme avec des producteurs comme la Norvège. C'est la composante la plus volatile : elle peut être divisée par dix ou multipliée par dix au gré des crises géopolitiques.

  2. L'acheminement (≈ 25 %)

    Tarif d'utilisation du réseau de transport (ATRT, géré par NaTran et Téréga) et de distribution (ATRD, géré par GRDF). Ces tarifs sont fixés par la CRE et révisés tous les quatre ans pour les grandes infrastructures, chaque année pour les ajustements. Identiques chez tous les fournisseurs, ils dépendent en revanche de la zone tarifaire de la commune.

  3. Les taxes (≈ 25 %)

    TVA à 20 % sur le total, détaillée sur la facture, accise sur le gaz naturel (anciennement TICGN, environ 16 €/MWh), contribution tarifaire d'acheminement (CTA). Les taxes évoluent indépendamment du marché : une révision en loi de finances peut faire grimper la facture sans qu'aucun fournisseur n'y soit pour quelque chose.

  4. La commercialisation et la marge (≈ 10 %)

    Coûts de gestion clientèle, certificats d'économies d'énergie obligatoires, marge nette du fournisseur. C'est la seule composante sur laquelle un fournisseur joue librement pour se différencier — et donc la principale source d'écart entre deux offres pour un même profil.

Les ordres de grandeur ci-dessus correspondent à un foyer chauffé au gaz au Prix Repère, en zone 1. La répartition se déplace pour les petits consommateurs : l'abonnement et l'acheminement pèsent davantage en valeur relative, l'énergie pèse moins. C'est aussi pourquoi un foyer cuisson seule a moins de marge d'économie en changeant de fournisseur qu'un foyer chauffé au gaz.

La France importe l'essentiel de son gaz

La France produit moins de 1 % du gaz qu'elle consomme : l'essentiel est importé, principalement de Norvège (gazoducs) et sous forme de gaz naturel liquéfié (GNL) en provenance des États-Unis, du Qatar et d'Algérie. C'est l'une des raisons pour lesquelles les prix résidentiels français suivent étroitement les marchés européens — il n'y a pas de production nationale capable d'amortir un choc.

Les facteurs qui font varier la facture

À conjoncture égale, la facture annuelle d'un ménage varie surtout selon trois variables liées à son logement et à sa consommation, qui n'ont rien à voir avec le fournisseur choisi. Identifier sa propre situation sur ces trois variables permet de comparer sereinement les offres : on regarde la grille du fournisseur en connaissant déjà le profil que la grille va appliquer.

GRDF découpe le territoire en six zones tarifaires (1 à 6) selon l'éloignement au réseau de transport. Une commune de zone 6 paie quelques pourcents de plus qu'une commune de zone 1 sur la part acheminement, ce qui se répercute sur la facture finale. Cet effet ne joue que pour les foyers chauffés au gaz : les petits consommateurs paient le même tarif partout, le découpage GRDF ne s'appliquant qu'aux usages chauffage.

La CRE distingue quatre classes selon la consommation annuelle : cuisson seule (jusqu'à 1 000 kWh/an), cuisson et eau chaude (1 000 à 6 000 kWh/an), chauffage au gaz (6 000 à 30 000 kWh/an) et très gros consommateur (au-delà). Plus la consommation augmente, plus le prix du kWh baisse mais l'abonnement annuel grimpe : c'est un équilibre par profil que la grille tarifaire reflète mécaniquement.

L'abonnement est la part fixe de la facture, prélevée même si vous ne consommez aucun kWh dans le mois. Pour un foyer cuisson seule, il représente plus de la moitié du budget annuel ; pour un foyer chauffé au gaz, moins du quart. Comparer un contrat sans regarder l'abonnement est une erreur fréquente — il pèse particulièrement chez les petits consommateurs et peut faire basculer un classement à profil égal.

Une fois ces trois variables connues, votre profil tarifaire est figé : il ne reste plus qu'à comparer la grille de chaque fournisseur sur ce profil pour identifier un contrat avantageux pour votre consommation. Le moteur Selectra fait l'arbitrage automatiquement à partir de votre code postal et de votre consommation déclarée.

Du m³ au kWh : la conversion expliquée

GRDF relève votre compteur en mètres cubes (m³), mais le fournisseur facture l'énergie en kilowattheures (kWh). La conversion utilise un coefficient publié par GRDF, en moyenne 11,2 kWh par m³, ajusté selon l'altitude de la commune et le type de gaz distribué (H ou B). Cette mécanique garantit qu'un kWh consommé à Marseille ou à Lille corresponde à la même énergie facturée — les écarts régionaux de pouvoir calorifique sont neutralisés financièrement.

Questions fréquentes sur le prix du gaz

Le Prix Repère Gaz est-il une offre que je peux souscrire ?

Non. Le Prix Repère Gaz est un indicateur publié chaque mois par la Commission de régulation de l'énergie (CRE) à titre informatif, pour permettre aux ménages de comparer les offres entre elles. Aucun fournisseur ne le commercialise tel quel. En revanche, beaucoup d'offres dites « indexées » s'en rapprochent avec une remise (par exemple Prix Repère −10 % sur le kWh hors taxes).

Combien coûte le gaz avec Engie ?

Depuis le 1ᵉʳ juillet 2023, Engie ne commercialise plus les anciens tarifs réglementés. Les ménages qui n'avaient pas changé de contrat ont été basculés vers l'offre Passerelle. Engie propose à côté plusieurs offres de marché (prix fixe, indexées, biogaz) qui figurent au classement Selectra avec leurs tarifs en vigueur — comparer la grille Passerelle au Prix Repère du mois en cours indique si un changement reste pertinent.

Puis-je changer de fournisseur de gaz sans coupure ni frais ?

Oui, totalement. Tous les contrats résidentiels d'énergie sont sans engagement : la résiliation est gratuite, sans préavis long, et le nouveau fournisseur s'occupe lui-même de mettre fin à l'ancien contrat. Le gaz continue d'arriver normalement par le réseau GRDF, indépendant du fournisseur — aucune intervention technique, aucune coupure.

Pourquoi le prix du kWh varie-t-il selon ma commune ?

Pour les foyers qui se chauffent au gaz, le prix du kWh dépend de la zone tarifaire GRDF de la commune (de la zone 1 à la zone 6). Plus une commune est éloignée du réseau de transport, plus le coût d'acheminement répercuté sur la facture est élevé. Cet effet ne joue pas sur les petits consommateurs (cuisson seule), pour lesquels le tarif est uniforme partout en France.

Quelle différence entre prix en m³ et prix en kWh ?

Le compteur GRDF mesure votre consommation en mètres cubes (m³), mais les fournisseurs facturent au kWh — l'énergie réellement délivrée. La conversion utilise un coefficient publié par GRDF, en moyenne 11,2 kWh par m³, ajusté selon l'altitude et le type de gaz distribué. Cette mécanique neutralise les écarts régionaux pour qu'un kWh consommé à Marseille coûte la même énergie qu'un kWh consommé à Lille.