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Coût à l'usage : le gaz reste nettement moins cher au kWh

Le premier réflexe pour arbitrer entre gaz et électricité, c'est de regarder ce que coûte chaque kWh consommé. À profil identique, le gaz l'emporte : son prix au kWh TTC est inférieur d'environ un quart à celui de l'électricité au tarif réglementé de vente fixé par l'État (barèmes d'octobre 2026). Pour un foyer fortement chauffé (maison familiale, grande surface, isolation moyenne), l'écart cumulé sur l'année se chiffre en plusieurs centaines d'euros.

Les chiffres ci-dessous correspondent aux barèmes en vigueur en octobre 2026 : l'option Base 6 kVA pour l'électricité (tarif réglementé de vente fixé par l'État), la classe B1 zone 1 pour le gaz (Prix Repère publié par la CRE). Ils servent de référence pour comparer ; la facture finale dépend ensuite du fournisseur, de la zone tarifaire GRDF et du mix d'usages (chauffage seul ou chauffage + eau chaude + cuisson).

0,2001€/kWh
kWh d'électricité TTC, option Base 6 kVA, tarif réglementé de vente fixé par l'État
CRE — barème en vigueur en octobre 2026
0,1456€/kWh
kWh de gaz TTC, classe B1 zone 1, Prix Repère Gaz CRE
CRE — Prix Repère du mois en cours
≈ 1,4×
Rapport entre le kWh élec et le kWh gaz au tarif de référence
Calcul Selectra sur les valeurs CRE ci-contre

Pour un foyer chauffé entièrement au gaz consommant 14 000 kWh/an (profil B1 utilisé par la CRE), la facture annuelle de gaz atteint environ 2 400 € taxes et abonnement compris au Prix Repère Gaz d'octobre 2026. La même quantité d'énergie achetée en électricité au tarif réglementé de vente fixé par l'État (option Base 9 kVA, barème du 1ᵉʳ août 2026) coûterait environ 3 000 €, soit environ un quart de plus. L'écart explique pourquoi, dans une maison ancienne, le passage du fioul ou de l'électrique au gaz reste un arbitrage économique, à condition que la commune soit raccordée au réseau GRDF.

Marc, propriétaire d'une maison de 110 m² à Reims

Marc occupe une maison classée DPE D, équipée jusqu'ici de convecteurs électriques. Pour environ 14 000 kWh consommés par an, sa facture de chauffage atteint environ 3 000 € au tarif réglementé de vente fixé par l'État (option Base 9 kVA, barème du 1ᵉʳ août 2026). Avec une chaudière gaz à condensation, la même consommation lui coûterait environ 2 400 € au Prix Repère Gaz d'octobre 2026 (classe B1), soit une économie estimée à 600 € par an. Pour une installation gaz complète de 6 500 à 9 000 € (voir le tableau ci-dessous), l'investissement s'amortit alors en 11 à 15 ans environ. Estimation Selectra, abonnements et taxes compris, hors entretien de la chaudière.

Investissement initial : l'électrique l'emporte sur le ticket d'entrée

Si le coût à la consommation favorise le gaz, l'investissement initial donne l'avantage à l'électrique. Aucun gros œuvre : il suffit de poser des radiateurs et de les brancher sur le secteur. Pas de chaudière à acheter, pas de réseau de tuyaux à tirer, pas de raccordement GRDF à faire valider. Le ticket d'entrée se limite au prix des radiateurs et à leur pose — un avantage net pour le neuf, pour la rénovation rapide ou pour les petites surfaces.

L'installation gaz suppose à l'inverse un chantier complet : chaudière (souvent à condensation aujourd'hui), réseau hydraulique, radiateurs adaptés. Si le logement n'est pas encore raccordé, il faut demander un branchement à GRDF, le gestionnaire du réseau de distribution de gaz : le forfait de raccordement pour un usage chauffage est de 523,87 € TTC (tarifs de raccordement GRDF à jour en juillet 2026), auquel peut s'ajouter le coût d'une extension du réseau si la conduite passe loin. Encore faut-il que la commune soit desservie : GRDF achemine le gaz dans environ 9 500 communes, soit à peine plus d'une commune française sur quatre (source : GRDF). Le différentiel d'investissement type entre électrique et gaz se situe entre 3 000 et 5 000 €, amorti ensuite par la facture d'énergie sur 5 à 10 ans selon la consommation.

Comparatif du coût d'installation entre chauffage au gaz et chauffage électrique selon la surface du logement
Surface du logement Installation tout-électrique Installation gaz (chaudière + réseau)
Studio / T2 (≤ 40 m²) 1 500 à 2 200 € 4 000 à 5 500 €
Appartement T3-T4 (60-80 m²) 2 500 à 3 500 € 5 000 à 7 000 €
Maison 100-120 m² 3 500 à 4 500 € 6 500 à 9 000 €

Ordres de grandeur pour des installations neuves en 2026, chaudière à condensation comprise pour le gaz et radiateurs à inertie pour l'électrique. Les chantiers en rénovation lourde (sortie de cheminée, dépose d'une ancienne installation) peuvent dépasser ces fourchettes.

Sur le neuf, le calcul d'amortissement n'a plus lieu d'être : la chaudière à gaz est exclue de fait par la RE2020 dans la maison individuelle depuis le 1ᵉʳ janvier 2022, et dans les logements collectifs depuis le 1ᵉʳ janvier 2025 (voir section dédiée plus loin). Sur l'ancien, en revanche, le différentiel d'investissement reste le principal frein évoqué par les ménages — ce qui pousse certains foyers à conserver leur installation électrique malgré une facture annuelle plus lourde.

Confort, installation et entretien : deux logiques opposées

Au-delà du coût, le confort de chauffe et la charge d'entretien jouent un rôle réel dans l'arbitrage. Les radiateurs hydrauliques alimentés au gaz diffusent une chaleur enveloppante, homogène d'une pièce à l'autre, qui n'assèche pas l'air ambiant. Couplés à un thermostat connecté, ils tiennent une température de consigne avec une grande précision. La sensation de confort est généralement décrite comme supérieure, surtout dans les grandes pièces et les volumes anciens.

L'électrique a longtemps souffert de la mauvaise réputation des convecteurs des années 1980 (chaleur sèche, coups de chaud près du mur, froid au sol). Les générations actuelles — panneaux rayonnants, radiateurs à inertie sèche ou fluide, plancher chauffant basse température — ont fait gagner beaucoup de confort. Sur des pièces petites à moyennes, bien isolées, l'écart de ressenti devient négligeable. Sur des grands volumes mal isolés, le gaz garde un net avantage.

— Avantages du chauffage gaz
  • Coût à la consommation environ un quart plus bas que l'électricité au tarif réglementé ;
  • Chaleur homogène, ressentie comme plus enveloppante ;
  • Adapté aux grandes surfaces et aux maisons mal isolées ;
  • Couplable avec une eau chaude sanitaire instantanée à la chaudière.
— Avantages du chauffage électrique
  • Investissement initial 2 à 3 fois plus faible ;
  • Pose rapide, aucun gros œuvre, pas de raccordement réseau ;
  • Aucun entretien annuel obligatoire sur les radiateurs ;
  • Seule option dans une commune non desservie par GRDF ;
  • Mix électrique français faiblement carboné (~50 g CO2/kWh).

L'entretien est l'autre point de divergence. Une chaudière gaz exige une visite annuelle obligatoire par un professionnel, pour un coût de 100 à 180 € TTC selon la région et le contrat. Cette visite vérifie l'étanchéité du circuit, ramone les conduits, contrôle les rejets de combustion et préserve le rendement. Un radiateur électrique, lui, ne demande qu'un dépoussiérage annuel — aucune charge récurrente à prévoir.

Le rendement de la chaudière, premier multiplicateur d'économies gaz

Une chaudière standard convertit environ 75 % de l'énergie du gaz en chaleur utile, contre 95 à 105 % pour une chaudière à condensation récente. Pour la même chaleur, l'écart de consommation peut atteindre 25 %. Au-delà de 15 ans, le remplacement par un modèle à condensation devient l'investissement prioritaire. Attention : ni MaPrimeRénov' ni les primes énergie (CEE) ne financent plus l'installation d'une chaudière gaz, même à condensation.

Empreinte environnementale : l'électrique français en avance

Sur le plan climatique, le verdict s'inverse par rapport au coût. La combustion du gaz naturel rejette environ 230 g de CO2 par kWh de chaleur produite, en intégrant les fuites de méthane sur la chaîne d'approvisionnement. L'électricité française, dont le mix repose à 65 % sur le nucléaire et à plus de 20 % sur l'hydraulique et les renouvelables, descend autour de 50 g de CO2/kWh selon RTE, le gestionnaire du réseau de transport d'électricité.

L'écart s'élargit encore quand on remplace les radiateurs électriques par une pompe à chaleur. Avec un coefficient de performance de 3 à 4, elle restitue 3 à 4 kWh de chaleur pour 1 kWh d'électricité consommé : l'empreinte par kWh utile descend autour de 15 à 20 g CO2. À l'inverse, le biométhane injecté dans le réseau GRDF aide à décarboner le gaz, mais ne représente encore qu'une petite part du gaz consommé en France.

Le débat n'est pas binaire pour autant. La fabrication des batteries des chaudières connectées, le bilan d'extraction du nucléaire et le remplacement de chaudières fonctionnelles avant leur fin de vie posent des questions de cycle de vie complet. La transition énergétique du gaz vers le biométhane apporte une réponse partielle pour les logements existants, le temps que le parc bascule progressivement vers la pompe à chaleur ou les solutions hybrides.

Couplage chaudière + énergies renouvelables

Une chaudière à condensation peut être couplée à un chauffe-eau solaire ou à une pompe à chaleur en mode hybride : la PAC assure la chauffe en mi-saison et la chaudière prend le relais lors des grands froids. Cette configuration combine le meilleur des deux énergies : bilan carbone réduit et facture maîtrisée. Attention : depuis le 1ᵉʳ septembre 2026, une rénovation qui conserve une chaudière gaz n'est plus financée par MaPrimeRénov' Rénovation d'ampleur.

RE2020 : la chaudière à gaz exclue du neuf depuis 2022

La réglementation environnementale RE2020, entrée en vigueur le 1ᵉʳ janvier 2022, fixe un plafond d'émissions de gaz à effet de serre pour les bâtiments neufs. Ce plafond a été calibré pour exclure de fait la chaudière à gaz de la maison individuelle : l'énergie carbonée pèse trop lourd dans le calcul réglementaire pour qu'un projet l'incluant puisse passer la conformité. La règle s'est étendue aux logements collectifs neufs au 1ᵉʳ janvier 2025, après une période transitoire de trois ans.

Concrètement, un constructeur qui dépose un permis de construire pour une maison individuelle ou un immeuble neuf en 2026 ne peut plus prévoir une chaudière à gaz comme système de chauffage principal. Les solutions retenues par défaut sont : la pompe à chaleur (air-eau, air-air ou géothermique), les radiateurs électriques performants couplés à une excellente isolation (norme RT2020), ou les chaudières à granulés dans les zones sans contrainte d'espace. La chaudière à gaz reste autorisée en chaufferie d'appoint ou en chauffage collectif spécifique, mais pas comme source principale.

Et le fioul ? Interdit à l'installation depuis juillet 2022

La chaudière au fioul est interdite à l'installation depuis le 1ᵉʳ juillet 2022 dans les logements neufs comme dans l'ancien. Les chaudières fioul existantes peuvent encore être entretenues et réparées, mais le remplacement à l'identique n'est plus autorisé : il faut basculer vers le gaz, l'électrique, la pompe à chaleur ou la biomasse. Pour financer la sortie du fioul, MaPrimeRénov' accorde une aide à la dépose de la cuve (jusqu'à 1 200 € pour les ménages aux revenus très modestes), à condition de la coupler à l'installation d'une pompe à chaleur ou à un raccordement à un réseau de chaleur ; les primes énergie (CEE) peuvent compléter le financement de la pompe à chaleur.

Pour le parc existant, en revanche, rien ne change : une chaudière gaz peut être remplacée à l'identique, et un raccordement gaz peut être demandé à GRDF dans une commune desservie. La RE2020 ne concerne que les bâtiments neufs déposés en permis de construire après les dates butoirs. Cette dissociation explique la coexistence durable des deux énergies sur le marché : le neuf bascule progressivement vers l'électrique et la pompe à chaleur, l'ancien reste majoritairement chauffé au gaz, et les deux régimes vivront côte à côte pendant des décennies.

Alternatives : pompe à chaleur, biomasse et hybridation

L'opposition gaz contre électrique masque l'essor d'une troisième voie : les solutions thermodynamiques et la biomasse. Sur les chantiers de rénovation comme dans le neuf, la pompe à chaleur s'impose progressivement comme l'arbitrage économique de référence. Sur les logements isolés du réseau GRDF ou sur les rénovations rurales, la chaudière à granulés (pellets) reste une option compétitive et bas carbone.

La pompe à chaleur air-eau capte les calories de l'air extérieur pour chauffer un circuit hydraulique compatible avec les radiateurs existants — c'est l'option la plus utilisée en remplacement d'une chaudière gaz ou fioul. La PAC air-air souffle l'air chaud directement dans les pièces, à la manière d'une climatisation réversible — moins coûteuse mais limitée aux logements bien compartimentés. La PAC géothermique, plus lourde à installer, atteint les meilleurs rendements mais reste réservée aux maisons disposant d'un terrain.

  1. Pompe à chaleur air-eau (COP 3 à 4)

    Solution standard en remplacement d'une chaudière gaz. Investissement de 10 000 à 15 000 €, financé jusqu'à 70 % par MaPrimeRénov' et CEE pour les ménages modestes. Réduit la facture annuelle de chauffage de 30 à 50 % par rapport à des radiateurs électriques classiques.

  2. Pompe à chaleur hybride (PAC + chaudière gaz)

    La PAC assure la chauffe quand la température est clémente, la chaudière à condensation prend le relais lors des grands froids. Coût de 13 000 à 18 000 €, mais facture cumulée la plus basse en logement ancien mal isolé. Côté aides, renseignez-vous auprès d'un conseiller France Rénov' : depuis le 1ᵉʳ septembre 2026, MaPrimeRénov' Rénovation d'ampleur ne finance plus un projet qui conserve une chaudière gaz.

  3. Chaudière à granulés (biomasse)

    Combustion de pellets de bois locaux. Émissions de CO2 quasi nulles en cycle de vie complet. Investissement de 15 000 à 22 000 € avec silo de stockage. Depuis le 1ᵉʳ janvier 2026, MaPrimeRénov' ne finance plus la chaudière à granulés installée seule (elle reste aidée dans une rénovation d'ampleur) ; les primes énergie (CEE) restent mobilisables. Convient aux zones sans GRDF et aux maisons disposant d'un local de stockage.

Pour situer financièrement ces alternatives, notre dossier comparatif des coûts gaz, électricité et énergies renouvelables détaille les budgets par usage. Sur les chantiers d'intégration d'une nouvelle chaudière, le bon réflexe est de demander deux devis — un sur l'énergie historique, un sur la PAC — pour comparer le coût total sur 15 ans, pas seulement le ticket d'installation.

Comment décider entre gaz et électrique pour votre logement

Aucune des deux énergies n'est universellement meilleure : le bon choix dépend de votre profil de logement et d'occupation. La matrice ci-dessous résume les arbitrages observés sur les rénovations encadrées par les conseillers énergie publics et privés, à partir de quatre critères : surface chauffée, qualité de l'isolation, raccordement GRDF, présence en journée.

Matrice de décision entre chauffage gaz, électrique et pompe à chaleur selon le profil de logement
Profil de logement Recommandation principale Alternative à étudier
Studio / T2 bien isolé en collectif Radiateurs électriques à inertie Pompe à chaleur air-air si climatisation utile
Appartement T3-T4 raccordé GRDF Chaudière gaz à condensation PAC hybride si rénovation globale
Maison ancienne raccordée GRDF Chaudière gaz à condensation ou PAC hybride PAC air-eau seule en cas d'isolation refaite
Maison neuve (RE2020) Pompe à chaleur (gaz exclu de fait) Radiateurs électriques + isolation renforcée
Logement non desservi par GRDF Pompe à chaleur ou chaudière à granulés Radiateurs électriques pour les petites surfaces

Matrice indicative basée sur les retours d'expérience des conseillers énergie de l'ADEME et des guides MaPrimeRénov' en 2026. Pour un arbitrage personnalisé, un audit énergétique préalable (300 à 500 €, pris en charge par MaPrimeRénov') est recommandé.

Une fois l'énergie de chauffage tranchée, le levier suivant — souvent oublié — est le contrat fournisseur. Sur le gaz, les prix varient d'une offre à l'autre : pour un foyer chauffé au gaz, changer de contrat peut alléger la facture sans changer d'équipement. C'est l'angle traité dans la section suivante, avec une sélection d'offres classées par prix pour un profil chauffage.

Le levier oublié : changer d'offre de gaz pour alléger la facture

Pour un foyer qui reste sur une chaudière gaz, le gisement d'économies le plus rapide n'est pas l'isolation ni le changement d'équipement — c'est le contrat de fourniture. À consommation identique, une offre moins chère que le Prix Repère Gaz allège la facture d'un profil chauffage, et le comparateur chiffre l'écart pour votre consommation et votre commune. Le passage se fait sans coupure, sans intervention sur le compteur et sans frais.

D'après notre comparateur, l'offre la mieux placée de notre classement par prix pour un foyer chauffé au gaz à Toulouse (14 000 kWh/an, zone 1) est en octobre 2026 Avantage Gaz 2 ans d'EDF, avec une économie estimée à 187 €/an, soit 8,2 % de réduction sur le prix du kWh TTC par rapport au Prix Repère Gaz de octobre 2026.

Sélection de 3 offres, classées par prix annuel TTC croissant · Chauffage gaz complet · 14 000 kWh/an · Toulouse · Prix des fournisseurs vérifiés le 2 octobre 2026 · Économies estimées par rapport au Prix Repère Gaz publié par la CRE · « Prix fixe » : seul le prix du kWh hors taxes est bloqué ; les taxes, l'acheminement et, selon l'offre, l'abonnement peuvent évoluer.

Pour personnaliser ce classement à votre commune, le formulaire ci-dessous renvoie vers le comparateur en temps réel en pré-remplissant la consommation. Si votre commune relève d'une entreprise locale de distribution (Strasbourg, Bordeaux, Grenoble…), le comparateur intègre automatiquement ses spécificités tarifaires.

Le choix entre prix fixe et prix indexé dépend de votre tolérance à la variation. Pour un foyer fortement chauffé au gaz, le prix fixe bloque le prix du kWh hors taxes pendant 1, 2 ou 3 ans, ce qui aide à anticiper la trésorerie ; les taxes, le coût d'acheminement et, selon les offres, l'abonnement peuvent en revanche évoluer. Le prix indexé suit le marché à la hausse comme à la baisse — intéressant quand les prix de gros baissent, plus exposé en période de tension.

Le verdict Selectra sur l'arbitrage gaz vs électrique

Après avoir comparé les coûts, les usages et l'évolution réglementaire, l'arbitrage se cristallise autour de trois cas de figure principaux. Notre verdict éditorial s'appuie sur les barèmes en vigueur en octobre 2026 et les retours d'expérience des conseillers énergie :

Matias Perea, Expert marché de l'énergie chez Selectra
Avis Selectra
« Pour le neuf, la question est tranchée par la RE2020 : pompe à chaleur, point. Pour l'ancien raccordé GRDF, la chaudière gaz à condensation reste l'arbitrage rationnel tant que l'investissement PAC n'est pas amorti par les aides — et un foyer chauffé au gaz peut alléger sa facture en passant simplement à une offre située sous le Prix Repère, sans rien changer à son équipement. »
Matias Perea · Expert marché de l'énergie

L'erreur classique consiste à raisonner sur l'investissement initial seul. Sur 15 ans, la facture cumulée de chauffage pèse 3 à 5 fois le ticket d'installation : c'est elle qui doit guider la décision, croisée avec la qualité d'isolation du bâti et les aides disponibles. Pour les ménages éligibles, MaPrimeRénov' Rénovation d'ampleur, qui a remplacé MaPrimeRénov' Sérénité en 2024, finance jusqu'à 80 % des dépenses d'une rénovation globale pour les ménages aux revenus très modestes, dans la limite d'un plafond, si le logement est classé E, F ou G et qu'aucune chaudière au gaz ou au fioul n'est conservée après travaux ; ne pas s'en saisir avant de retaper le chauffage est une perte sèche.

Questions fréquentes : chauffage gaz vs électrique

Vaut-il mieux se chauffer au gaz ou à l'électricité en 2026 ?

Le gaz reste plus économique à la consommation pour un foyer fortement chauffé : son kWh TTC coûte environ un quart de moins que celui de l'électricité au tarif réglementé de vente fixé par l'État (barèmes d'octobre 2026). À l'inverse, l'électricité gagne sur l'investissement initial (radiateurs simples à poser, pas de raccordement réseau) et convient mieux à un petit logement bien isolé. Pour une maison de 100 m² ou plus, le gaz reste l'arbitrage logique tant que la commune est desservie par GRDF.

Quel est le coût d'installation d'un chauffage au gaz ou électrique ?

Une installation gaz neuve (chaudière + réseau de tuyauterie + radiateurs hydrauliques) coûte entre 4 000 et 9 000 € selon la surface, le type de chaudière (condensation ou non) et la distance au réseau GRDF. Un chauffage tout-électrique se chiffre entre 1 500 € pour un studio (convecteurs ou panneaux rayonnants) et 4 500 € pour un cinq-pièces équipé de radiateurs à inertie. Le différentiel d'investissement (souvent 3 000 à 5 000 €) s'amortit ensuite par la facture d'énergie sur 5 à 10 ans.

Peut-on encore installer une chaudière à gaz dans une construction neuve ?

Non, depuis le 1er janvier 2022 la réglementation environnementale RE2020 a fixé un plafond d'émissions de gaz à effet de serre qui exclut de fait la chaudière à gaz dans les maisons individuelles neuves. Le plafond a été étendu aux logements collectifs neufs au 1er janvier 2025. Dans l'ancien (rénovation, remplacement d'une chaudière existante), la chaudière à gaz reste autorisée. La chaudière au fioul est, elle, interdite à l'installation depuis juillet 2022.

La pompe à chaleur est-elle plus économique que le gaz ?

La pompe à chaleur air-eau ou air-air affiche un coefficient de performance (COP) compris entre 3 et 4 : pour 1 kWh d'électricité consommée, elle restitue 3 à 4 kWh de chaleur. À l'usage, elle réduit en moyenne la facture de chauffage de 30 à 50 % par rapport à un chauffage électrique direct, et peut concurrencer le gaz en logement bien isolé. Son installation est lourde (10 000 à 18 000 €) mais MaPrimeRénov' et les CEE financent une part importante des travaux pour les ménages éligibles.

Quelle énergie de chauffage émet le moins de CO2 ?

L'électricité française est faiblement carbonée grâce à son mix nucléaire et hydraulique (autour de 50 g CO2/kWh selon RTE), bien moins émetteur que le gaz naturel (environ 230 g CO2/kWh combustion). À performance équivalente, un chauffage électrique pèse donc moins en équivalent CO2 qu'une chaudière gaz, et la pompe à chaleur fait encore mieux grâce à son COP. Le biométhane injecté dans le réseau réduit l'écart pour le gaz, mais reste minoritaire dans le mix de fourniture.