Le prix du gaz en mai 2026 : le point de marché

Le prix du gaz se lit à deux étages. Sur le marché de gros, le contrat Juin 2026 — celui dont la livraison est la plus rapprochée — se négocie autour de 46,89 €/MWh, en hausse de 15,3 % sur les trois dernières semaines. Cette tension de court terme ne résume pas tout : la courbe à terme, qui court jusqu'à Année 2032, est aujourd'hui orientée à la baisse, avec un écart d'environ 50 % entre l'échéance la plus proche et la plus lointaine.

Côté facture, c'est le Prix Repère Gaz publié par la Commission de Régulation de l'Énergie qui sert de boussole. En mai 2026, il s'établit à 0,12558 €/kWh TTC pour un foyer chauffé au gaz, en hausse de 20,6 % par rapport à avril 2026. Rapporté à une consommation de référence, cela représente une facture annuelle d'environ 1 600 € TTC, abonnement de 344 € compris.

Ce qui est déjà acté pour Juin 2026

La CRE a publié à l'avance le Prix Repère du mois prochain : 0,11789 €/kWh TTC sur le profil chauffage, soit −6,1 % par rapport à mai 2026. Cette valeur s'appliquera dès le 1ᵉʳ juin 2026 : c'est un repère utile pour décider maintenant de figer ou non son tarif.

Les sections suivantes détaillent chacun de ces rouages : le marché de gros et sa courbe à terme, le mécanisme qui le relie au Prix Repère, la composition exacte de la facture, et les leviers concrets pour payer son gaz moins cher que cette référence.

Comprendre le marché de gros du gaz

Le marché de gros est l'endroit où fournisseurs et négociants achètent et revendent le gaz, à un cours exprimé en euros par mégawattheure. En France, ces échanges se concentrent sur le PEG, le Point d'Échange de Gaz, né en novembre 2018 de la fusion des zones nord et sud du pays et coté sur la bourse européenne EEX via sa filiale Powernext.

Ce marché de gros n'est pas monolithique : il se divise en deux compartiments, illustrés ci-dessous. Le marché à terme porte sur des livraisons futures — semaines, mois ou années à l'avance — via des contrats futures standardisés négociés sur EEX ou des contrats forwards conclus de gré à gré. Le marché spot, à l'inverse, concerne le gaz livré quasi immédiatement : le lendemain (day-ahead), dans l'heure (intra-day) ou pour le week-end.

Les deux types de marché de gros du gaz : le marché à terme (contrats futures via EEX et forwards de gré à gré) et le marché spot (day-ahead, intra-day, week-end)
Les deux compartiments du marché de gros du gaz : le marché à terme et le marché spot.

C'est le marché à terme que suit la courbe à terme du tableau de bord ci-dessus. Mis bout à bout, ses contrats — un mois, un trimestre, une année à venir — dessinent la courbe à terme, dont la pente se lit comme une anticipation collective : descendante quand le marché attend une détente, ascendante dans le cas contraire. C'est aussi ce compartiment qui sert de base aux offres à prix fixe.

Aujourd'hui, l'écart est net : le contrat Juin 2026 se traite à 46,89 €/MWh, tandis que Année 2027 se négocie déjà à 35,87 €/MWh, soit environ 24 % en dessous de l'échéance proche. Le marché intègre une diversification de l'approvisionnement européen et une montée en puissance des capacités d'importation de gaz naturel liquéfié après les tensions de 2022. Rien n'est figé pour autant : la courbe se redessine chaque jour au gré de la météo, des niveaux de stockage et du contexte international.

Ce cours de gros est la matière première du prix final, mais il n'est pas le prix payé par le consommateur. Pour comprendre l'écart, il faut suivre le chemin qui mène du PEG jusqu'à la facture — c'est l'objet des sections suivantes. En attendant, un point de repère utile : la majorité des fournisseurs aux tarifs les plus compétitifs indexent justement leurs grilles sur ce marché.

PEG et TTF : les deux références du gaz en Europe

Quand les médias évoquent « le prix du gaz sur les marchés », ils citent le plus souvent le TTF (Title Transfer Facility), la place de marché néerlandaise qui sert de référence à l'ensemble de l'Europe. Le PEG en est le pendant français : c'est lui qui détermine concrètement le coût d'approvisionnement des fournisseurs actifs en France, et donc, en bout de chaîne, le prix de votre kWh.

Les deux marchés sont étroitement corrélés : un mouvement sur le TTF se retrouve presque toujours sur le PEG. Il subsiste néanmoins un écart — le spread — qui reflète les coûts de transport et les contraintes d'interconnexion entre les Pays-Bas et la France. Pour suivre l'évolution du prix payé par les ménages français, c'est donc bien le PEG qu'il faut regarder : c'est la référence retenue par la Commission de Régulation de l'Énergie pour construire le Prix Repère Gaz.

Pourquoi le prix de demain change tous les jours

Une idée fausse circule : le prix du gaz à venir serait « connu ». En réalité, le marché ne fait que réviser en continu son anticipation. Le graphique « L'avis du marché qui se révise » du tableau de bord le montre bien : il suit, mois après mois, le prix auquel s'échange chaque contrat « année entière ».

Prenons le contrat Année 2027. Sur la période suivie, le marché l'a valorisé de 29,07 €/MWh à 36,17 €/MWh, soit en hausse de 24,4 %. Ce n'est pas le prix qui « bouge » de façon erratique : c'est l'information qui s'accumule — un hiver plus doux que prévu, un stockage européen mieux rempli, une tension géopolitique qui s'apaise ou s'aggrave — et que le marché intègre aussitôt.

La conséquence pratique est double. D'une part, aucune projection n'est définitive : un tarif « garanti jusqu'en 2030 » repose sur la photo du marché au jour de la signature. D'autre part, ces révisions créent des fenêtres : c'est quand la courbe à terme est basse qu'il devient intéressant de verrouiller un prix. Pour replacer ces mouvements dans le temps long, notre page sur l'évolution du prix du gaz remonte sur dix ans.

Du marché de gros au Prix Repère : le chemin du prix

Le cours du PEG n'est pas ce que paie le ménage. Pour obtenir le prix final, il faut y ajouter l'acheminement du gaz par le réseau GRDF, les coûts commerciaux du fournisseur et les taxes. C'est précisément ce que calcule la Commission de Régulation de l'Énergie avec le Prix Repère Gaz, publié chaque mois et exprimé en euros par kilowattheure TTC.

Le maillon central est le coût d'approvisionnement. La CRE ne recopie pas le marché au jour le jour : elle le lisse sur deux références — une référence mensuelle assise sur le mois M-2 et une référence trimestrielle sur le trimestre T-2. Ce décalage d'environ deux mois amortit les à-coups du marché spot, mais il explique aussi pourquoi votre facture réagit avec retard : une détente du marché aujourd'hui ne se verra sur le Prix Repère que dans quelques semaines.

L'ordre de grandeur est utile à garder en tête. Une fois l'acheminement et les taxes ajoutés, une variation d'environ 10 €/MWh sur le marché de gros se traduit approximativement par 0,012 €/kWh TTC sur le prix final — soit, pour un foyer chauffé au gaz consommant 14 000 kWh par an, de l'ordre de 168 € sur la facture annuelle. Le lien n'est pas mécanique au centime près, mais il donne la sensibilité réelle de votre budget aux mouvements du PEG.

Sur les douze derniers mois, ce mécanisme a fait passer le prix du kWh chauffage de 0,11002 €/kWh en juin 2025 à 0,12558 €/kWh en mai 2026, soit +14,1 % sur l'année. Le graphique « Prix Repère Gaz — 12 derniers mois » du tableau de bord retrace cette trajectoire, profil chauffage et profil cuisson confondus.

Comprendre ce chemin évite deux erreurs courantes : croire que sa facture devrait baisser dès que les marchés baissent (le décalage M-2 / T-2 l'en empêche), et confondre le Prix Repère avec un tarif obligatoire. Ce n'est qu'un indicateur : les fournisseurs fixent librement leurs grilles, au-dessus comme en dessous. Pour les hausses déjà programmées, voir notre suivi des augmentations du prix du gaz.

À quoi correspond chaque euro de votre facture

La carte « Où va chaque euro » du tableau de bord ouvre la facture poste par poste. Trois grandes parts se dégagent, et elles n'ont pas la même nature.

Pour un foyer chauffé au gaz, sur une facture annuelle de référence d'environ 1 600 € TTC, la fourniture — le gaz acheté sur le marché de gros plus les coûts commerciaux — pèse à elle seule 43 %. L'acheminement réseau facturé par GRDF en représente 27 %, et les taxes (accise sur le gaz, CTA, TVA) 30 %.

Le détail affiché sous les barres distingue, pour chaque poste, la part fixe (abonnement) de la part variable (consommation). C'est instructif : sur le profil chauffage, la consommation de fourniture ressort autour de 722 €/an — c'est le poste le plus sensible au marché de gros, et le seul vraiment mobile.

La distinction est décisive pour agir : seule la part fourniture dépend du fournisseur. L'acheminement et les taxes sont identiques d'une offre à l'autre — changer de contrat ne les touche pas. C'est donc sur cette moitié « fourniture » que se joue tout l'écart entre deux offres. Pour creuser chaque composante, voir nos pages sur l'abonnement gaz, l'accise sur le gaz et les profils de consommation B0, B1 et B2i.

Lecture concrète

Deux foyers, deux fournisseurs, même commune : leur facture diffère uniquement par la part fourniture. L'abonnement réseau, l'accise et la TVA sont strictement identiques. Comparer deux offres revient donc à comparer une moitié de facture — mais cette moitié suffit à créer un écart sensible sur l'année.

Prix fixe ou indexé : comment agir sur la part variable

Suivre le marché n'a d'intérêt que si l'on peut en tirer parti. Sur la part fourniture, deux familles d'offres s'opposent, et le bon choix dépend du moment.

Une offre indexée sur le Prix Repère répercute mécaniquement les baisses du marché de gros le mois suivant — mais aussi les hausses. Une offre à prix fixe verrouille le tarif du kWh sur un ou deux ans : souscrite quand la courbe à terme est basse, elle protège des futures hausses, au prix de ne pas profiter d'éventuelles baisses. La règle de lecture est simple : plus la courbe à terme est basse et plate, plus figer un prix devient pertinent.

Concrètement, en mai 2026, l'offre en tête du comparateur Selectra pour un foyer chauffé au gaz à Paris 11ᵉ est Extra Eco Gaz d'OHM Énergie, avec une économie d'environ 322 €/an par rapport au Prix Repère Gaz, soit 17,7 % de moins sur le prix du kWh TTC. Les économies réelles dépendent de votre commune et de votre consommation : le classement national est un point de départ, pas une vérité personnelle.

Pour un comparatif calé sur votre commune et votre consommation réelle, notre comparateur de gaz applique la même méthode en autonomie. Un conseiller Selectra peut aussi faire le tour des offres avec vous et accompagner la souscription, du choix du contrat jusqu'à la mise en service.

Questions fréquentes

Quel est le prix du gaz sur le marché de gros en mai 2026 ?

Sur le marché de gros français (PEG), le gaz se négocie à environ 46,89 €/MWh pour le contrat Juin 2026, le contrat le plus proche de la livraison. Ce prix de gros n'est pas celui que paie le consommateur : il faut y ajouter l'acheminement du réseau GRDF, les coûts commerciaux et les taxes — l'ensemble forme le Prix Repère Gaz, à 0,12558 €/kWh TTC en mai 2026 pour un foyer chauffé au gaz.

Qu'est-ce que le PEG ?

Le PEG (Point d'Échange de Gaz) est la place de marché unique sur laquelle s'échange le gaz naturel en France, depuis la fusion des zones nord et sud en novembre 2018. Le prix du PEG, en euros par mégawattheure, reflète l'équilibre entre l'offre et la demande sur le marché de gros. C'est la principale composante variable du prix payé par les ménages.

Quelle différence entre le prix de gros et le Prix Repère Gaz ?

Le prix de gros est le coût brut du gaz, avant tout acheminement et toute taxe. Le Prix Repère Gaz, publié chaque mois par la Commission de Régulation de l'Énergie, est un prix final TTC : il additionne le coût d'approvisionnement calculé à partir du PEG, l'acheminement du réseau GRDF, les coûts commerciaux et les taxes. Sur la facture d'un foyer chauffé au gaz, la part fourniture — celle qui suit le marché de gros — pèse environ 43 % du total.

Pourquoi ma facture ne baisse-t-elle pas tout de suite quand le marché de gros baisse ?

Parce que la CRE lisse le marché. Le coût d'approvisionnement du Prix Repère est calculé à partir de deux références : une référence mensuelle assise sur le mois M-2 et une référence trimestrielle sur le trimestre T-2. Ce décalage d'environ deux mois amortit les à-coups du marché spot, mais il signifie aussi qu'une détente du marché ne se voit sur la facture qu'avec retard.

Le marché à terme permet-il de prévoir le prix du gaz ?

Les contrats à terme indiquent à quel prix les acteurs du marché acceptent aujourd'hui d'acheter du gaz pour une livraison future. Ce n'est pas une prévision certaine, mais le meilleur indicateur disponible des anticipations du marché : il intègre en continu les niveaux de stockage, la météo et le contexte international. C'est pourquoi la courbe à terme se redessine chaque jour.

Faut-il choisir une offre à prix fixe ou indexée ?

Une offre indexée sur le Prix Repère répercute les baisses du marché de gros le mois suivant — mais aussi les hausses. Une offre à prix fixe verrouille le tarif du kWh sur un ou deux ans : souscrite quand la courbe à terme est basse, elle protège des futures hausses. Il n'y a pas de réponse universelle : le bon choix dépend de la pente de la courbe au moment de la souscription et de la sensibilité du foyer au risque.

Comment payer mon gaz moins cher que le Prix Repère ?

Plusieurs fournisseurs proposent des grilles situées sous le Prix Repère Gaz. En mai 2026, l'offre en tête du comparateur Selectra pour un foyer chauffé au gaz à Paris 11ᵉ est Extra Eco Gaz d'OHM Énergie, avec une économie d'environ 322 € par an par rapport au Prix Repère. Les économies réelles dépendent de votre commune et de votre consommation : un comparatif personnalisé reste la meilleure base de décision.

Publié le 14 mai 2026 Mis à jour le 15 mai 2026 9 min de lecture